29/04/2007
Françoise Malaval dans les écoles des Sables (par Marie-France Le Fol)
[Le projet] - Durant la semaine de la manifestation, l'illustratrice FRANÇOISE MALAVAL va travailler avec les enfants de 4 classes à l'illustration d'un conte indien qu'elle leur a proposé. Pour chaque illustration, les enfants vont réaliser la scène correspondante en pâte à modeler peinte. Chaque réalisation sera ensuite prise en photo. L'ensemble sera imprimé. Les scènes en pâte à modeler seront exposées dans un lieu public.
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Durant la semaine, Françoise Malaval est intervenue dans les quatre classes des Sables d’Olonne (Maternelle du Passage, MS-GS, maternelle des Jardins, GS, école du Centre, CP et CP-CE1) qui participaient au projet.
« Tout a été décidé par les enfants, explique l’illlustratrice. Je leur ai écrit. Je leur envoyais des illustrations de l’art populaire indien afin d’alimenter leur imagination. Avec les classes maternelles, on a peint le ciel et le sol, avec les classes élémentaires on a fait les personnages en pâte à modeler. Ils ont choisi les couleurs, imaginé d’autres personnages, l’histoire était suffisamment ouverte pour cela. »
En six scènes, ces personnages et ces décors illustrent l’histoire de Rao, « un garçon intelligent mais jamais content », comme l’a très bien compris Alan, élève du CP-CE1, spécialiste des serpents. « A la fin il trouve les figues très bonnes. »
Leçon retenue, « le fruit le plus doux est celui que l’on a reçu sans l’avoir demandé » dit l’histoire. Une histoire écrite par Patrice Favaro, auteur jeunesse, d’après un conte tribal indien. Une histoire distillée aux enfants par petites touches depuis le début de l’année.
« On était appâtés. Cela nous a permis d’imaginer ce qui allait se passer, et de comparer avec le texte de Patrice Favaro. On tombait toujours à côté, mais cela a suscité un travail intéressant au niveau de l’oral et de l’écrit ! » se félicite Jean-Pierre Thébaud, enseignant en CP, qui a aussi beaucoup travaillé sur l’Inde avec ses élèves.
A la fin de la semaine, les personnages ont été remis en ordre dans leurs décors. Françoise Malaval a photographié chacune des scènes et le livre Jamais content va être imprimé par la ville des Sables d’Olonne pour chacune des classes participantes.
Vendredi après-midi, les élèves des quatre classes se sont réunis à l’école du Centre pour admirer le résultat de ce travail commun. « Vous pouvez en être fiers » a déclaré Marie-Christiane Boissy, adjointe au maire des Sables d’Olonne. La ville est ravie de réaliser votre livre. » Les enfants aussi !
ET LES ILLUSTRATIONS RÉALISÉES PAR
LES ENFANTS AVEC FRANÇOISE MALAVAL
(Photos: Marie-France Le Fol)
En ce temps-là, le soleil brillait si fort et si bas dans le ciel qu’on craignait à chaque instant de finir comme un poulet grillé. Rao, le plus intelligent d’entre les hommes, s’en alla trouver Nirantali, la Mère du Monde.
Parvenu près d’elle, il lui demande :
- Ne pourrais-tu éloigner un peu le soleil ?
Nirantali accepte. D’un geste, elle fait remonter l’astre brûlant. Rao n’est pourtant pas satisfait. :
- Trop haut, j’ai trop froid !
Le soleil redescend.
- Trop bas, j’ai trop chaud !
Nirantali en a plus qu’assez, elle arrête le soleil, là où il se trouve encore aujourd’hui.
Comme Rao se plaint toujours, Nirantali tire de sa poche une graine, elle la plante en terre et dit :
- Je te fais un cadeau : je te donne l’ombre d’un arbre.
A la seconde même, la graine se met à germer et à monter dans le ciel.
En quelques instants, la pousse est devenue un arbre majestueux, un banian. Toutes sortes de créatures y trouvent refuge. Mais Rao n’est pas content.
- Les feuilles sont trop petites, elles protègent mal des rayons du soleil.
Nirantali saisit les feuilles et tire dessus pour les allonger ; puis, elle courbe les branches vers la terre afin de leur donner la forme d’un parasol.
Rao pousse un long soupir :
- Si ton arbre donnait au moins quelque chose à manger ! Je n’aurais plus besoin de travailler durement dans les champs.
Nirantali brise une branche, il en sort du lait. Rao y goûte puis fait la grimace :
- Le lait de ma vache est bien meilleur que celui de ton arbre.
Rao se plaint de nouveau :
- Pourquoi ton arbre ne porte-t-il pas de fruits ?
A ces mots, Nirantali, qui a bon cœur, fait apparaître des figues sur les branches. Mais cela ne convient toujours pas à Rao.
- Maintenant, les feuilles sont trop grandes, elles cachent les fruits. Il faudra que je monte très haut pour les cueillir, c’est dangereux !
- Tu n’es jamais content, Rao ! Eh bien ! ce sont les oiseaux qui se régaleront de ces fruits, et non les hommes.
Nirantali a fini par perdre patience, elle tourne le dos à Rao et s’en va. Il pourra toujours essayer de l’appeler, désormais la Mère du Monde ne se montrera plus.
Rao n’est pas très fier, il s’assoit sous le grand banian pour réfléchir. Au-dessus de lui, les oiseaux chantent et gazouillent, il leur demande :
- Que dites-vous ?
- Mille mercis à Nirantali !
Et Rao sourit, il a compris : le fruit le plus doux, c’est celui qu’on reçoit sans l’avoir demandé.
16:50 Publié dans LA JOURNEE | Lien permanent | Envoyer cette note








